Travaux

  • <p>Dans un contexte international fortement tendu, les positionnements géopolitiques des grandes puissances d’occident et d’orient laissent présager de conflits religieux majeurs. Ces propos peuvent être illustrés, par exemple, par la guerre fratricide entre Sunnites et Chiites opposant l'Iran et l'Irak ou encore par la notion de Croisade évoquée à la fois dans les discours de G. W. Bush et d'O. Ben Laden. En effet, à première vue, les attentats du World Trade Center, semblent aller dans le sens des théoriciens du choc des civilisations comme Samuel Huntington. Ils avancent que le clivage civilisationnel se fonde essentiellement sur un affrontement religieux et non plus idéologique. Cette théorie du choc des civilisations permet de masquer les politiques menées mais pointe de manière réaliste le fait que la religion est vectrice de géopolitique et de guerre.</p>

<p>Parallèlement à cela, le contexte national est propice à de nombreuses interrogations liées à l’islam de France et à la problématique hautement complexe des banlieues françaises. La question posée brasse donc un certain nombre de questionnements sur la République que nous voulons bâtir ensemble à travers son école et sa capacité à former des citoyens plutôt que des membres de communautés. Les gouvernements successifs ne font que supprimer des heures d'enseignement : Viser l’enseignement du fait religieux ne peut se faire qu’au détriment d'autres heures d'enseignement, d'autres matières bien plus fondamentales comme les mathématiques, l'Histoire ou encore les Arts. Ceci a poussé le fait religieux au-devant de la scène comme phénomène sociologique depuis des décennies faisant de l'idée d’une récompense future et de celle d'arrière monde un facteur de conservatisme. Plonger au cœur de la question qui nous est posée nous invite à penser la question du cadre dans lequel le fait religieux serait dispensé au sein de l'école de la République.</p>

    Est-il nécessaire d’aborder le fait religieux au sein de l’école Laïque et Républicaine ?

    Dans un contexte international fortement tendu, les positionnements géopolitiques des grandes puissances d’occident et d’orient laissent présager de conflits religieux majeurs. Ces propos peuvent être illustrés, par exemple, par la guerre fratricide entre Sunnites et Chiites opposant l'Iran et l'Irak ou encore par la notion de Croisade évoquée à la fois dans les discours de G. W. Bush et d'O. Ben Laden. En effet, à première vue, les attentats du World Trade Center, semblent aller dans le sens des théoriciens du choc des civilisations comme Samuel Huntington. Ils avancent que le clivage civilisationnel se fonde essentiellement sur un affrontement religieux et non plus idéologique. Cette théorie du choc des civilisations permet de masquer les politiques menées mais pointe de manière réaliste le fait que la religion est vectrice de géopolitique et de guerre.

    Parallèlement à cela, le contexte national est propice à de nombreuses interrogations liées à l’islam de France et à la problématique hautement complexe des banlieues françaises. La question posée brasse donc un certain nombre de questionnements sur la République que nous voulons bâtir ensemble à travers son école et sa capacité à former des citoyens plutôt que des membres de communautés. Les gouvernements successifs ne font que supprimer des heures d'enseignement : Viser l’enseignement du fait religieux ne peut se faire qu’au détriment d'autres heures d'enseignement, d'autres matières bien plus fondamentales comme les mathématiques, l'Histoire ou encore les Arts. Ceci a poussé le fait religieux au-devant de la scène comme phénomène sociologique depuis des décennies faisant de l'idée d’une récompense future et de celle d'arrière monde un facteur de conservatisme. Plonger au cœur de la question qui nous est posée nous invite à penser la question du cadre dans lequel le fait religieux serait dispensé au sein de l'école de la République.

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  • <p>Planche d'un frère visiteur que nous remercions chaleureusement pour son travail et son accord pour publication sur notre site.</p>

<p>En septembre 2019, à l'initiative de députés européens baltes et polonais, une résolution sur « l'importance la mémoire européenne sur l'avenir de l'Europe » était proposée et adoptée. Elle visait à définir le positionnement politique de l'Union européenne quant à son passé européen durant la Seconde Guerre mondiale, notamment concernant les régimes autoritaires et totalitaires, dont le nazisme et le stalinisme, mis sur un même pied d'égalité tout le long de la résolution.</p>

<p>Le texte est alors rapidement dénoncé comme ambigu, ne prenant pas le soin de dire qu'il ne relève pas des parlementaires d'écrire l'Histoire. La résolution s'avère également profondément lacunaire quant à la recontextualisation historique, tant sur les racines du conflit, que sur le rôle joué par l'Union soviétique dans la chute du régime nazi et les considérables pertes humaines lui étant liée. En outre, dans sa tentation d'édifier une équivalence, sinon une égalité de traitement entre l'Allemagne nazie et l'URSS de Staline – et bien que l'usage de la notion de totalitarisme pour les qualifier et la mise en valeur de points communs entre eux soient totalement justifiées – il apparaît à l'historienne Annette Wieviorka « qu'on ne peut pas dire pour autant (que ce deux régimes) soient jumeaux ».</p>

<p>Il faut bien dire que les Baltes et Polonais à l'origine du texte souhaitaient probablement exprimer le traumatisme vécu par l'invasion de la Pologne par le Reich à l'Ouest, en septembre 1939, puis par Staline l'Est, pendant que les polonais essayaient de repousser les Nazis. Cette attaque intervenait après que les deux grandes puissances d'Europe d'alors aient formulé le Pacte Molotov-Ribbentrop (Pacte germano-soviétique) de non-agression le 23 août 1939.</p>

<p>Critiqué par des historiens pour sa partialité et son traitement lacunaire, le parti pris mémoriel du texte de l'Union européenne est également désapprouvé par Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie. Lors de la commémoration des 80 ans de l'invasion de Pologne par l'Allemagne nazie, la Russie fut exclue mais rappela que, sans elle, l'Allemagne nazie n'aurait jamais été vaincue. À Jérusalem, au mémorial de Yad Vashem, le 23 janvier 2020, Vladimir Poutine, présent lors d'une commémoration en « souvenir de l'Holocauste et contre l'antisémitisme », ému par une cérémonie réunissant 40 chefs d'État et une centaine de survivants de la Shoah s'exprime au nom de l'URSS, qui dût « sacrifier 27 millions de vies » dans le combat contre l'agression nazie. Citant la lecture « insupportable » des témoignages des officiers et simples soldats de l'armée rouge, luttant contre la Wermacht et les Einsatzgruppen à l'origine de terribles exactions contre les civils juifs et non juifs de 1941 à 1944, ayant libéré le camp d'Auschwitz, le président russe dénonça les « crimes des complices dont la cruauté a souvent dépassé celle de leurs maîtres », mentionnant les « camps de concentration pas seulement opérés par les nazis mais aussi par leurs acolytes locaux ». Si Vladimir Poutine n'a pas explicitement cité les pays concernés, il faisait clairement référence à la Pologne, qu'il avait accusée à cinq reprises en décembre 2019 d'avoir agi de manière antisémite en entente avec Hitler, et ce dès 1934 lors de la signature du Pacte de non agression germano-polonais.</p>

<p>Le 9 mai 2015, lors du 70ème anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie, aucun représentant occidental n'était représenté à Moscou pour le défilé militaire prévu à l'occasion. Poutine avait invité 70 chefs d'États. Seules la Chine de Xi Jinping, l'Inde de Narendra Modi étaient alors représentées aux côtés du président russe lors de ces commémorations. Malgré ce que l'on peut qualifier de mépris discutable de la part des occidentaux, Vladimir Poutine teint ce discours :</p>

<blockquote>« Je remercie les peuples de Grande-Bretagne, de France et des États-Unis pour leur participation à la victoire. Je remercie les différents pays anti-fascistes qui ont pris part aux combats contre les nazis dans les rangs de la résistance et dans la clandestinité. (…) Il faut rappeler que c'est l'armée rouge qui, au terme d'un assaut dévastateur sur Berlin, a mis un point final à la guerre contre l'Allemagne hitlérienne », après avoir lutté de 1941 (22 juin 1941 rupture du Pacte germano-soviétique après l'attaque de l'Allemagne nazie) à 1944 avant les débarquements alliés. Il appela aussi à « ne pas oublier le patrimoine commun des vainqueurs », reconnaissant que des institutions comme l'ONU, créées après la Seconde Guerre mondiale, ont été efficaces pour résoudre des différends et conflits, mais il afficha aussi son regret de constater que ces dernières décennies, les principes de coopération internationale ont été négligés au dépens de la « tentative de création d'un monde unipolaire (on aura reconnu qu'il cible les États-Unis à la tête de ce monde-ci) portant atteinte au développement de la planète ».</blockquote>

<p>Chacun sa mémoire des événements de la Seconde Guerre mondiale, semble-t-il. Entre des Polonais passés sous la coupe des États-Unis après la Guerre Froide, reniant l'occupation soviétique par le biais d'une proposition adoptée par le Parlement européen sur sa mémoire du passé, lui-même proche ou aligné sur les positions atlantistes (OTAN), et la mémoire douloureuse des russes, méprisés sur la scène internationale dans la considération de la Place de l'URSS contre le nazisme, le passé semble être un enjeu aussi composite et complexe que notre pavé mosaïque d'où ressurgit la question de la « Mémoire nationale ».</p>

<p>Ces éléments confirment le propos de Karl Marx, selon lequel « les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans des conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. »</p>

<p>Cette longue introduction vise à ouvrir la réflexion sur le poids du passé dans notre présent, son appropriation – voire son instrumentalisation – sur l'échiquier géopolitique mondial, à la fois comme potentiel facteur d'unification, mais aussi comme générateur de tensions et de divisions. Cette planche cherche à soulever quelques réflexions et à nous apporter des éléments à toutes et tous pour faire face au passé. Qu'il soit glorieux ou honteux, sans être oublié, le passé de l'Humanité n'a d'autre vocation que d'être dépassé.</p>

    Des pièges et de l’utilité de la mémoire du passé

    Planche d'un frère visiteur que nous remercions chaleureusement pour son travail et son accord pour publication sur notre site.

    En septembre 2019, à l'initiative de députés européens baltes et polonais, une résolution sur « l'importance la mémoire européenne sur l'avenir de l'Europe » était proposée et adoptée. Elle visait à définir le positionnement politique de l'Union européenne quant à son passé européen durant la Seconde Guerre mondiale, notamment concernant les régimes autoritaires et totalitaires, dont le nazisme et le stalinisme, mis sur un même pied d'égalité tout le long de la résolution.

    Le texte est alors rapidement dénoncé comme ambigu, ne prenant pas le soin de dire qu'il ne relève pas des parlementaires d'écrire l'Histoire. La résolution s'avère également profondément lacunaire quant à la recontextualisation historique, tant sur les racines du conflit, que sur le rôle joué par l'Union soviétique dans la chute du régime nazi et les considérables pertes humaines lui étant liée. En outre, dans sa tentation d'édifier une équivalence, sinon une égalité de traitement entre l'Allemagne nazie et l'URSS de Staline – et bien que l'usage de la notion de totalitarisme pour les qualifier et la mise en valeur de points communs entre eux soient totalement justifiées – il apparaît à l'historienne Annette Wieviorka « qu'on ne peut pas dire pour autant (que ce deux régimes) soient jumeaux ».

    Il faut bien dire que les Baltes et Polonais à l'origine du texte souhaitaient probablement exprimer le traumatisme vécu par l'invasion de la Pologne par le Reich à l'Ouest, en septembre 1939, puis par Staline l'Est, pendant que les polonais essayaient de repousser les Nazis. Cette attaque intervenait après que les deux grandes puissances d'Europe d'alors aient formulé le Pacte Molotov-Ribbentrop (Pacte germano-soviétique) de non-agression le 23 août 1939.

    Critiqué par des historiens pour sa partialité et son traitement lacunaire, le parti pris mémoriel du texte de l'Union européenne est également désapprouvé par Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie. Lors de la commémoration des 80 ans de l'invasion de Pologne par l'Allemagne nazie, la Russie fut exclue mais rappela que, sans elle, l'Allemagne nazie n'aurait jamais été vaincue. À Jérusalem, au mémorial de Yad Vashem, le 23 janvier 2020, Vladimir Poutine, présent lors d'une commémoration en « souvenir de l'Holocauste et contre l'antisémitisme », ému par une cérémonie réunissant 40 chefs d'État et une centaine de survivants de la Shoah s'exprime au nom de l'URSS, qui dût « sacrifier 27 millions de vies » dans le combat contre l'agression nazie. Citant la lecture « insupportable » des témoignages des officiers et simples soldats de l'armée rouge, luttant contre la Wermacht et les Einsatzgruppen à l'origine de terribles exactions contre les civils juifs et non juifs de 1941 à 1944, ayant libéré le camp d'Auschwitz, le président russe dénonça les « crimes des complices dont la cruauté a souvent dépassé celle de leurs maîtres », mentionnant les « camps de concentration pas seulement opérés par les nazis mais aussi par leurs acolytes locaux ». Si Vladimir Poutine n'a pas explicitement cité les pays concernés, il faisait clairement référence à la Pologne, qu'il avait accusée à cinq reprises en décembre 2019 d'avoir agi de manière antisémite en entente avec Hitler, et ce dès 1934 lors de la signature du Pacte de non agression germano-polonais.

    Le 9 mai 2015, lors du 70ème anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie, aucun représentant occidental n'était représenté à Moscou pour le défilé militaire prévu à l'occasion. Poutine avait invité 70 chefs d'États. Seules la Chine de Xi Jinping, l'Inde de Narendra Modi étaient alors représentées aux côtés du président russe lors de ces commémorations. Malgré ce que l'on peut qualifier de mépris discutable de la part des occidentaux, Vladimir Poutine teint ce discours :

    « Je remercie les peuples de Grande-Bretagne, de France et des États-Unis pour leur participation à la victoire. Je remercie les différents pays anti-fascistes qui ont pris part aux combats contre les nazis dans les rangs de la résistance et dans la clandestinité. (…) Il faut rappeler que c'est l'armée rouge qui, au terme d'un assaut dévastateur sur Berlin, a mis un point final à la guerre contre l'Allemagne hitlérienne », après avoir lutté de 1941 (22 juin 1941 rupture du Pacte germano-soviétique après l'attaque de l'Allemagne nazie) à 1944 avant les débarquements alliés. Il appela aussi à « ne pas oublier le patrimoine commun des vainqueurs », reconnaissant que des institutions comme l'ONU, créées après la Seconde Guerre mondiale, ont été efficaces pour résoudre des différends et conflits, mais il afficha aussi son regret de constater que ces dernières décennies, les principes de coopération internationale ont été négligés au dépens de la « tentative de création d'un monde unipolaire (on aura reconnu qu'il cible les États-Unis à la tête de ce monde-ci) portant atteinte au développement de la planète ».

    Chacun sa mémoire des événements de la Seconde Guerre mondiale, semble-t-il. Entre des Polonais passés sous la coupe des États-Unis après la Guerre Froide, reniant l'occupation soviétique par le biais d'une proposition adoptée par le Parlement européen sur sa mémoire du passé, lui-même proche ou aligné sur les positions atlantistes (OTAN), et la mémoire douloureuse des russes, méprisés sur la scène internationale dans la considération de la Place de l'URSS contre le nazisme, le passé semble être un enjeu aussi composite et complexe que notre pavé mosaïque d'où ressurgit la question de la « Mémoire nationale ».

    Ces éléments confirment le propos de Karl Marx, selon lequel « les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans des conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. »

    Cette longue introduction vise à ouvrir la réflexion sur le poids du passé dans notre présent, son appropriation – voire son instrumentalisation – sur l'échiquier géopolitique mondial, à la fois comme potentiel facteur d'unification, mais aussi comme générateur de tensions et de divisions. Cette planche cherche à soulever quelques réflexions et à nous apporter des éléments à toutes et tous pour faire face au passé. Qu'il soit glorieux ou honteux, sans être oublié, le passé de l'Humanité n'a d'autre vocation que d'être dépassé.

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  • <p>L’immigration est de longue date un thème récurent et structurant dans le débat public et politique. Mais force est de constater que celle-ci est avant tout abordée selon les modalités d’une politique d’opinion et non en s’intéressant à la réalité des faits s’appuyant sur les statistiques, les études, ou les lois nationales et internationales. A titre d’exemple, nous aurons ainsi l’occasion de revenir un peu plus tard sur le fait que l’assertion selon laquelle la France serait en passe de devenir le premier pays d’Europe pour la demande d’asile, est très largement inexacte. Elle est pourtant reprise à son compte par des décideurs, qui l’utilisent comme base pour leurs prises de décisions en matière de politique migratoire.</p>

<p>Mais la France n’a pas l’apanage de cette approche de la question migratoire : hystérisation de la campagne présidentielle américaine autour de la construction d’un mur anti migrants à la frontière américano mexicaine, rôle du rejet du « tourisme social » dans la campagne pro Brexit, approche « rugueuse » de la question dans les pays d’Europe de l’Est …</p>

<p>Partout fleurissent des réponses toutes faites, dont des thèses simplistes reprennent parfois des éléments de thèses bien plus scientifiques et plus anciennes. L’argument principal est que les migrants sont poussés par la misère et attirés par la richesse supposée des pays du nord, souvent matérialisée par "la quête de l'Eldorado ». Il est à noter que ce modèle vaudrait aussi pour les migrations internes à un continent ou internes à un pays. Il contient une critique de la démarche des migrants, qui convoiteraient nos ressources, en en surestimant l’ampleur. Et leur appétit démesuré serait donc une menace pour le stock de ressources.</p>

<p>En me basant sur les cours du collège de France dispensés par François Héran en 2019 (série intitulée "pourquoi migrer"), je vous propose de nous pencher, en deux fois, sur le thème des migrations.</p>

<p>Le premier temps, auquel sera consacré cette première partie sera une description des phénomènes migratoires au niveau mondial pour poser ce qu'est la migration, et ce qu'elle n'est pas, en en profitant pour tordre le cou à quelques idées reçues. S’inscrivant en rupture avec l’approche par la politique d’opinion, cette partie s’appuie sur un nombre certain de données et de représentations graphiques. Afin d’en favoriser le partage, et bien que cela ne soit que peu dans nos habitudes, je prends la liberté de faire circuler quelques supports issus du cours mentionné afin d’en faciliter le suivi.</p>

<p>Le second temps, auquel sera consacré le prochain article publié, sera une exploration des différentes théories de la migration. L’idée sera de s'intéresser aux dynamiques collectives plus qu'individuelles, aux théories de la migration plus qu'aux motivations particulières, à la question de ce qui explique les choix de certains de migrer et des autres de ne pas migrer, et une fois sur place, de certains de rester et d'autres de rentrer.</p>

<p>Un dernier mot d’introduction pour vous présenter François Héran, : sociologue, démographe, anthropologue et statisticien, il est titulaire de la chair migrations et sociétés créée en 2017 par le collège de France et directeur de l'institut Convergences et Migrations. Il a été chef de la division des Enquêtes et études démographiques à l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) de 1993 à 1998, puis directeur de l'Institut National d'Etudes Démographiques (INED). Ma planche est donc issue du cours, d’une quinzaine d’heures, qu’il a dispensé au collège de France en 2019 intitulé « pourquoi migrer ». J'essaye de vous en faire partager les grandes lignes, en essayant de ne pas trop simplifier le propos de l'auteur, même si cela s'avère inévitable.</p>

    Pourquoi migrer? (première partie)

    L’immigration est de longue date un thème récurent et structurant dans le débat public et politique. Mais force est de constater que celle-ci est avant tout abordée selon les modalités d’une politique d’opinion et non en s’intéressant à la réalité des faits s’appuyant sur les statistiques, les études, ou les lois nationales et internationales. A titre d’exemple, nous aurons ainsi l’occasion de revenir un peu plus tard sur le fait que l’assertion selon laquelle la France serait en passe de devenir le premier pays d’Europe pour la demande d’asile, est très largement inexacte. Elle est pourtant reprise à son compte par des décideurs, qui l’utilisent comme base pour leurs prises de décisions en matière de politique migratoire.

    Mais la France n’a pas l’apanage de cette approche de la question migratoire : hystérisation de la campagne présidentielle américaine autour de la construction d’un mur anti migrants à la frontière américano mexicaine, rôle du rejet du « tourisme social » dans la campagne pro Brexit, approche « rugueuse » de la question dans les pays d’Europe de l’Est …

    Partout fleurissent des réponses toutes faites, dont des thèses simplistes reprennent parfois des éléments de thèses bien plus scientifiques et plus anciennes. L’argument principal est que les migrants sont poussés par la misère et attirés par la richesse supposée des pays du nord, souvent matérialisée par "la quête de l'Eldorado ». Il est à noter que ce modèle vaudrait aussi pour les migrations internes à un continent ou internes à un pays. Il contient une critique de la démarche des migrants, qui convoiteraient nos ressources, en en surestimant l’ampleur. Et leur appétit démesuré serait donc une menace pour le stock de ressources.

    En me basant sur les cours du collège de France dispensés par François Héran en 2019 (série intitulée "pourquoi migrer"), je vous propose de nous pencher, en deux fois, sur le thème des migrations.

    Le premier temps, auquel sera consacré cette première partie sera une description des phénomènes migratoires au niveau mondial pour poser ce qu'est la migration, et ce qu'elle n'est pas, en en profitant pour tordre le cou à quelques idées reçues. S’inscrivant en rupture avec l’approche par la politique d’opinion, cette partie s’appuie sur un nombre certain de données et de représentations graphiques. Afin d’en favoriser le partage, et bien que cela ne soit que peu dans nos habitudes, je prends la liberté de faire circuler quelques supports issus du cours mentionné afin d’en faciliter le suivi.

    Le second temps, auquel sera consacré le prochain article publié, sera une exploration des différentes théories de la migration. L’idée sera de s'intéresser aux dynamiques collectives plus qu'individuelles, aux théories de la migration plus qu'aux motivations particulières, à la question de ce qui explique les choix de certains de migrer et des autres de ne pas migrer, et une fois sur place, de certains de rester et d'autres de rentrer.

    Un dernier mot d’introduction pour vous présenter François Héran, : sociologue, démographe, anthropologue et statisticien, il est titulaire de la chair migrations et sociétés créée en 2017 par le collège de France et directeur de l'institut Convergences et Migrations. Il a été chef de la division des Enquêtes et études démographiques à l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) de 1993 à 1998, puis directeur de l'Institut National d'Etudes Démographiques (INED). Ma planche est donc issue du cours, d’une quinzaine d’heures, qu’il a dispensé au collège de France en 2019 intitulé « pourquoi migrer ». J'essaye de vous en faire partager les grandes lignes, en essayant de ne pas trop simplifier le propos de l'auteur, même si cela s'avère inévitable.

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  • <p>Le thème de ce soir ne m'est pas venu directement, effectuant des recherches pour un travail futur sur  "La conscience", j’ai été amené à faire des recherches sur les début de l'humanité et l’émergence de la notion de finitude, de passage et des rituels associés dans ces périodes que sont le paléolithique, le mésolithique et le néolithique.</p>

<p>J’ai alors découvert des moments de l’histoire de l’homme d’une richesse de moi totalement insoupçonnée que je souhaite vous faire partager en espérant vous apporter quelques informations et surtout avoir vos impressions. Petite précision préalable, pour l’ensemble de la planche, les dates seront données avant le présent, date 0 de la datation au carbone 14, soit l’an 1950. </p>

<p>La séparation des périodes préhistoriques est définie par un mélange entre l’apparition d’un nouveau mode de production, un évènement climatique ou un changement dans les modes de vie des populations. En fin de période paléolithique, au Levant, il est retrouvé des traces de regroupements humains assez numériquement importants, pouvant aller à plusieurs centaines d’individus installés dans des villages. Il s’agit du Natoufien qui remonte à 14500 à 11500 ans. Les moyens de subsistances étaient classiquement la chasse et la cueillette, il n’est pas encore découvert de traces d’agriculture. Cette culture correspond plus ou moins à la période charnière entre le paléolithique et le néolithique appelée le mésolithique. Elle se caractérise par cette sédentarisation, un mode de subsistance de chasseur cueilleur et des techniques de taille de pierre, d’usage de l’arc qui donnent une plus grande capacité prédatrice à sapiens. Le néolithique commence à apparaître il y a environ 10000 ans et est caractérisé par le procédé technique de la pierre polie, néolithique voulant dire âge de la nouvelle pierre, mais surtout par la modification du mode de subsistance issu principalement de l’agriculture et de l’élevage. La fin de la période est marquée par l’apparition du bronze dans les outils et de l’écriture, il y a un peu plus de 5000 ans. </p>

<p>On voit ainsi  qu’il faut considérablement relativiser les marqueurs temporels strictes. Si le marqueur de séparation devait être la présence de poteries et donc la conservation, le transport et certainement le commerce de produits,  les plus anciens récipients en poterie découverts à ce jour, l’ont été en Chine dans la province de Jiangxi et ont plus de 18000 ans, le nord du Japon voit apparaître les mêmes ustensiles il y a 15000 ans avec la période Jōmon. </p>

<p>Il faut donc plutôt parler de société mésolithiques qui ne vit que des ressources naturelles existantes, sociétés néolithiques sédentarisée et vivant de sa propre auto-production, et de notre société, appelée « moderne » mais que je qualifierai plutôt d’écrite.</p>

    Au Néolithique : s’organiser sans écrire. (Transmettre sans écrire)

    Le thème de ce soir ne m'est pas venu directement, effectuant des recherches pour un travail futur sur "La conscience", j’ai été amené à faire des recherches sur les début de l'humanité et l’émergence de la notion de finitude, de passage et des rituels associés dans ces périodes que sont le paléolithique, le mésolithique et le néolithique.

    J’ai alors découvert des moments de l’histoire de l’homme d’une richesse de moi totalement insoupçonnée que je souhaite vous faire partager en espérant vous apporter quelques informations et surtout avoir vos impressions. Petite précision préalable, pour l’ensemble de la planche, les dates seront données avant le présent, date 0 de la datation au carbone 14, soit l’an 1950.

    La séparation des périodes préhistoriques est définie par un mélange entre l’apparition d’un nouveau mode de production, un évènement climatique ou un changement dans les modes de vie des populations. En fin de période paléolithique, au Levant, il est retrouvé des traces de regroupements humains assez numériquement importants, pouvant aller à plusieurs centaines d’individus installés dans des villages. Il s’agit du Natoufien qui remonte à 14500 à 11500 ans. Les moyens de subsistances étaient classiquement la chasse et la cueillette, il n’est pas encore découvert de traces d’agriculture. Cette culture correspond plus ou moins à la période charnière entre le paléolithique et le néolithique appelée le mésolithique. Elle se caractérise par cette sédentarisation, un mode de subsistance de chasseur cueilleur et des techniques de taille de pierre, d’usage de l’arc qui donnent une plus grande capacité prédatrice à sapiens. Le néolithique commence à apparaître il y a environ 10000 ans et est caractérisé par le procédé technique de la pierre polie, néolithique voulant dire âge de la nouvelle pierre, mais surtout par la modification du mode de subsistance issu principalement de l’agriculture et de l’élevage. La fin de la période est marquée par l’apparition du bronze dans les outils et de l’écriture, il y a un peu plus de 5000 ans.

    On voit ainsi qu’il faut considérablement relativiser les marqueurs temporels strictes. Si le marqueur de séparation devait être la présence de poteries et donc la conservation, le transport et certainement le commerce de produits, les plus anciens récipients en poterie découverts à ce jour, l’ont été en Chine dans la province de Jiangxi et ont plus de 18000 ans, le nord du Japon voit apparaître les mêmes ustensiles il y a 15000 ans avec la période Jōmon.

    Il faut donc plutôt parler de société mésolithiques qui ne vit que des ressources naturelles existantes, sociétés néolithiques sédentarisée et vivant de sa propre auto-production, et de notre société, appelée « moderne » mais que je qualifierai plutôt d’écrite.

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  • <p>Cette planche plutôt que l’Islam en France aurait dû s’appeler l’Islam de France ou même l’Islam français si j’avais repris mot pour mot le titre du livre d’Hakim El Karoui.<br>
Hakim El Karoui normalien, titulaire d’un DEA de géopolitique, agrégé de géographie, essayiste, qui a été conseiller de Jean-Pierre RAFFARIN quand il était 1er Ministre, dont j’ai tiré de l’ouvrage la plus grande partie des éléments de cette planche que je soumets à votre réflexion. </p>

<p>Sur la base de l’étude qu’il a réalisée pour le compte de l’Institut Montaigne avec l’appui de l’Ifop du 13 avril au 23 mai 2016, Hakim El Karoui montre les spécificités des musulmans français, de l’Islam comme nouvelle religion française. C’est évidemment une étude tout à fait intéressante par sa rareté, du fait de son objet même, puisque la loi du 06 janvier 1978 interdit la collecte de données à caractère ethnique ou religieux quand elles sont personnelles c’est-à-dire non anonymisables.
L’auteur a complété son analyse en faisant aussi référence à d’autres études, notamment l’enquête « Trajectoires et Origines sur la diversité des populations en France » menée par l’INED et l’INSEE en 2008 et 2009 et dont la 2ème édition est en train d’être réalisée depuis juillet 2019 et ce jusqu’en octobre 2020.</p>

<p>Je donnerai quelques éléments sur la méthode employée par l’auteur dans la première partie de cette planche, sans être trop long. Mais je trouvais intéressant de partager avec vous des faits et des chiffres recueillis de manière scientifique qui pourraient étayer notre connaissance des adeptes d’une religion qui défraie régulièrement l’actualité en ressentis et en réaction à des attaques contre la laïcité ou pire encore à des attaques tout court, c’est-à-dire terroristes.</p>

<p>Alors cette planche n’est pas une exégèse du Coran, j’en serais bien incapable d’ailleurs ma connaissance de ce texte étant très parcellaire. Mais quelques éléments cependant sur ce texte pour introduire le sujet.<br>
Révélé pour ne pas dire écrit il y a 1500 ans, on trouve dans le Coran à la fois des préceptes de vie tout à fait scandaleux à nos yeux de contemporains, notamment sur la condition des femmes. Sur ce sujet, nous avons déjà cité en tenue des versets qui l’illustre. Des préceptes qu’il faudrait sans doute contextualiser par l’héritage des sociétés patriarcales préislamiques où les rapports de domination des hommes à l’égard des femmes existaient déjà.<br>
Et puis on trouve aussi dans ce texte des idées humanistes et progressistes sur la manière de considérer l’Homme avec un grand H comme unique, sur le pluralisme ethnique, culturel, linguistique et aussi religieux:</p>

<p>- Par exemple, le mot arabe « Zawj » que l’on trouve dans le Coran qui signifie aussi bien homme que femme, époux qu’épouse ; l’Homme et la Femme naissant en effet d’une « âme unique » (Sourate 4 ; Verset 1), sans hiérarchie comme dans la Bible où Eve nait d’Adam et est ensuite responsable du péché originel.</p>

<p>- Autre exemple, par le fait qu’être musulman implique par exemple de reconnaître l’authenticité de toutes les religions avant l’Islam Sourate 2 ; Verset 136 je cite « Nous croyons en Dieu, à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux tribus ; à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus ; à ce qui a été donné aux prophètes, de la part de leur Seigneur. Nous n’avons de préférence pour aucun d’entre eux ; nous sommes soumis à Dieu. »<br>
Des références que j’ai trouvées dans la série d’études intitulée « Valeurs d’Islam » menée par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) en 2015.</p>

<p>L’Islam n’est donc pas un tout homogène, mais l’agrégat d’une multitude de tendances, nuances et d’interprétations, sans d’ailleurs de mon point de vue que l’une soit plus légitime que l’autre. Les salafistes qui tirent du Coran la justification de leur rigorisme et de leur bellicisme sont-ils plus légitimes que les soufis qui en font un texte d’amour et de paix ? Personnellement, je ne le crois pas, l’Islam étant ce qu’en font les musulmans.<br>
Le problème est que le terrain culturel, cultuel, idéologique, social, politique, est davantage occupé par les premiers que par les seconds ce qui laisse croire qu’il n’y aurait qu’une manière d’interpréter le Coran, la leur et diffusant l’idée qu’un musulman modéré est modérément musulman. J’y reviendrai dans la seconde partie de mon exposé.</p>

<p>Un exposé qui se divisera donc en 2 parties.<br>
I. La description que fait l’auteur des Musulmans français et de leur pratique de l’Islam<br>
II. La tentation de l’islamisme qui caractérise notamment les plus jeunes</p>

    L’islam en France

    Cette planche plutôt que l’Islam en France aurait dû s’appeler l’Islam de France ou même l’Islam français si j’avais repris mot pour mot le titre du livre d’Hakim El Karoui.
    Hakim El Karoui normalien, titulaire d’un DEA de géopolitique, agrégé de géographie, essayiste, qui a été conseiller de Jean-Pierre RAFFARIN quand il était 1er Ministre, dont j’ai tiré de l’ouvrage la plus grande partie des éléments de cette planche que je soumets à votre réflexion.

    Sur la base de l’étude qu’il a réalisée pour le compte de l’Institut Montaigne avec l’appui de l’Ifop du 13 avril au 23 mai 2016, Hakim El Karoui montre les spécificités des musulmans français, de l’Islam comme nouvelle religion française. C’est évidemment une étude tout à fait intéressante par sa rareté, du fait de son objet même, puisque la loi du 06 janvier 1978 interdit la collecte de données à caractère ethnique ou religieux quand elles sont personnelles c’est-à-dire non anonymisables. L’auteur a complété son analyse en faisant aussi référence à d’autres études, notamment l’enquête « Trajectoires et Origines sur la diversité des populations en France » menée par l’INED et l’INSEE en 2008 et 2009 et dont la 2ème édition est en train d’être réalisée depuis juillet 2019 et ce jusqu’en octobre 2020.

    Je donnerai quelques éléments sur la méthode employée par l’auteur dans la première partie de cette planche, sans être trop long. Mais je trouvais intéressant de partager avec vous des faits et des chiffres recueillis de manière scientifique qui pourraient étayer notre connaissance des adeptes d’une religion qui défraie régulièrement l’actualité en ressentis et en réaction à des attaques contre la laïcité ou pire encore à des attaques tout court, c’est-à-dire terroristes.

    Alors cette planche n’est pas une exégèse du Coran, j’en serais bien incapable d’ailleurs ma connaissance de ce texte étant très parcellaire. Mais quelques éléments cependant sur ce texte pour introduire le sujet.
    Révélé pour ne pas dire écrit il y a 1500 ans, on trouve dans le Coran à la fois des préceptes de vie tout à fait scandaleux à nos yeux de contemporains, notamment sur la condition des femmes. Sur ce sujet, nous avons déjà cité en tenue des versets qui l’illustre. Des préceptes qu’il faudrait sans doute contextualiser par l’héritage des sociétés patriarcales préislamiques où les rapports de domination des hommes à l’égard des femmes existaient déjà.
    Et puis on trouve aussi dans ce texte des idées humanistes et progressistes sur la manière de considérer l’Homme avec un grand H comme unique, sur le pluralisme ethnique, culturel, linguistique et aussi religieux:

    - Par exemple, le mot arabe « Zawj » que l’on trouve dans le Coran qui signifie aussi bien homme que femme, époux qu’épouse ; l’Homme et la Femme naissant en effet d’une « âme unique » (Sourate 4 ; Verset 1), sans hiérarchie comme dans la Bible où Eve nait d’Adam et est ensuite responsable du péché originel.

    - Autre exemple, par le fait qu’être musulman implique par exemple de reconnaître l’authenticité de toutes les religions avant l’Islam Sourate 2 ; Verset 136 je cite « Nous croyons en Dieu, à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux tribus ; à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus ; à ce qui a été donné aux prophètes, de la part de leur Seigneur. Nous n’avons de préférence pour aucun d’entre eux ; nous sommes soumis à Dieu. »
    Des références que j’ai trouvées dans la série d’études intitulée « Valeurs d’Islam » menée par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) en 2015.

    L’Islam n’est donc pas un tout homogène, mais l’agrégat d’une multitude de tendances, nuances et d’interprétations, sans d’ailleurs de mon point de vue que l’une soit plus légitime que l’autre. Les salafistes qui tirent du Coran la justification de leur rigorisme et de leur bellicisme sont-ils plus légitimes que les soufis qui en font un texte d’amour et de paix ? Personnellement, je ne le crois pas, l’Islam étant ce qu’en font les musulmans.
    Le problème est que le terrain culturel, cultuel, idéologique, social, politique, est davantage occupé par les premiers que par les seconds ce qui laisse croire qu’il n’y aurait qu’une manière d’interpréter le Coran, la leur et diffusant l’idée qu’un musulman modéré est modérément musulman. J’y reviendrai dans la seconde partie de mon exposé.

    Un exposé qui se divisera donc en 2 parties.
    I. La description que fait l’auteur des Musulmans français et de leur pratique de l’Islam
    II. La tentation de l’islamisme qui caractérise notamment les plus jeunes

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  • <p>La notion de «Bien commun» est une notion plus complexe qu’il n’y paraît : elle peut se définir d’un point de vue théologique, d’un point de vue philosophique et d’un point de vue Politique.</p>

<p>D’un point de vue théologique, cette notion remontrait au Moyen Age et à Saint Thomas d’Aquin selon lequel toute la création, toute l’activité humaine est orientée vers un bien suprême avec une dimension matérielle, sociale, et politique. Dieu serait donc le premier « bien commun » universel. L’église a ensuite maintenu cette référence et Jean XXII, par exemple, défini le bien commun comme « l’ensemble des conditions sociales permettant d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement ». Cette définition sera ensuite reprise quasiment dans les mêmes termes par le concile Vatican II, et cette notion de bien commun revient très régulièrement dans la doctrine sociale de l’église catholique.</p>

<p>D’un point de vue philosophique, Aristote s’attarde particulièrement sur cette notion de bien commun qu’il identifie au bonheur, et à la vie vertueuse, au juste et à la paix. Dans «La Politique », le bien commun apparaît comme le critère absolu de la droiture des régimes : Les régimes droits visent le bien commun, tandis que les régimes corrompus visent l’intérêt privé. Il n’est de véritable Politique que si celle-ci vise au bien commun, tout le reste n’étant que déviation.</p>

<p>A ce stade de réflexion, j’aurais pu décider de tirer à la ligne, et il m’aurait été assez facile de « tartiner » et de vous faire subir des pages et des pages sur l’aspect religieux ou philosophique de ce concept, mais vous le savez, la religion s’apparente pour moi a de « l’escrologie » et il serait donc malhonnête de ma part et sans grand intérêt de traiter le sujet plus en détail en utilisant cet angle de vue.</p>

<p>L’aspect philosophique de la question est certes largement plus intéressant, mais pas véritablement à ma portée : Si l’on veut aborder un tel sujet d’un point de vue philosophique, il ne faut pas se contenter de quelques extraits, récupéré ça et là, mais il est indispensable non seulement d’avoir étudié les principales œuvres et pensées des grands philosophes, mais aussi d’être ensuite capable de replacer ces réflexions dans le contexte de l’époque et enfin seulement de tenter d’adapter ce travail au monde dans lequel nous vivons actuellement.</p>

<p>Il reste donc l’angle de vue Politique, avec un P majuscule, pour aborder cette notion de bien commun.</p>

    Les biens communs

    La notion de «Bien commun» est une notion plus complexe qu’il n’y paraît : elle peut se définir d’un point de vue théologique, d’un point de vue philosophique et d’un point de vue Politique.

    D’un point de vue théologique, cette notion remontrait au Moyen Age et à Saint Thomas d’Aquin selon lequel toute la création, toute l’activité humaine est orientée vers un bien suprême avec une dimension matérielle, sociale, et politique. Dieu serait donc le premier « bien commun » universel. L’église a ensuite maintenu cette référence et Jean XXII, par exemple, défini le bien commun comme « l’ensemble des conditions sociales permettant d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement ». Cette définition sera ensuite reprise quasiment dans les mêmes termes par le concile Vatican II, et cette notion de bien commun revient très régulièrement dans la doctrine sociale de l’église catholique.

    D’un point de vue philosophique, Aristote s’attarde particulièrement sur cette notion de bien commun qu’il identifie au bonheur, et à la vie vertueuse, au juste et à la paix. Dans «La Politique », le bien commun apparaît comme le critère absolu de la droiture des régimes : Les régimes droits visent le bien commun, tandis que les régimes corrompus visent l’intérêt privé. Il n’est de véritable Politique que si celle-ci vise au bien commun, tout le reste n’étant que déviation.

    A ce stade de réflexion, j’aurais pu décider de tirer à la ligne, et il m’aurait été assez facile de « tartiner » et de vous faire subir des pages et des pages sur l’aspect religieux ou philosophique de ce concept, mais vous le savez, la religion s’apparente pour moi a de « l’escrologie » et il serait donc malhonnête de ma part et sans grand intérêt de traiter le sujet plus en détail en utilisant cet angle de vue.

    L’aspect philosophique de la question est certes largement plus intéressant, mais pas véritablement à ma portée : Si l’on veut aborder un tel sujet d’un point de vue philosophique, il ne faut pas se contenter de quelques extraits, récupéré ça et là, mais il est indispensable non seulement d’avoir étudié les principales œuvres et pensées des grands philosophes, mais aussi d’être ensuite capable de replacer ces réflexions dans le contexte de l’époque et enfin seulement de tenter d’adapter ce travail au monde dans lequel nous vivons actuellement.

    Il reste donc l’angle de vue Politique, avec un P majuscule, pour aborder cette notion de bien commun.

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  • <p>Pour nous, l’être libre s’éprouve comme la source de potentialités distinctes entre lesquelles il n’a qu’à choisir en vertu de motifs et de mobiles clairement identifiables et dûment pesés. C’est dans cette phase de délibération que réside l’action libre, car éclairée. C’est elle qui différencie la liberté formelle (car promise à tous au titre de l’égalité de droit, mais non réalisée faute des conditions adéquate) de la liberté réelle (car non seulement promise, mais rendue possible et donc exercée car proposée à des individus émancipés).</p>
<p>Plus que des théories de la liberté, c’est de l’émancipation, cette action réalisatrice nous conduisant à l’état de la liberté, que nous souhaitons débattre avec vous ce jour. Et plus particulièrement des conditions en permettant la réalisation.</p>
<p>Dans un premier temps, nous nous attacherons aux fondements de l’école républicaine, à son histoire depuis la révolution française, aux conflits qui l’ont traversé, et à sa destruction progressive sous la Vème république.</p><p>Dans un second temps, nous nous interrogerons les opportunités offertes en terme d’émancipation par la généralisation de l’accès à l’information dans l’espace numérique et la multiplication des media, et nous questionnerons sur leur caractère réel ou déceptif. </p>

    Liberté – émancipation : introduction

    Pour nous, l’être libre s’éprouve comme la source de potentialités distinctes entre lesquelles il n’a qu’à choisir en vertu de motifs et de mobiles clairement identifiables et dûment pesés. C’est dans cette phase de délibération que réside l’action libre, car éclairée. C’est elle qui différencie la liberté formelle (car promise à tous au titre de l’égalité de droit, mais non réalisée faute des conditions adéquate) de la liberté réelle (car non seulement promise, mais rendue possible et donc exercée car proposée à des individus émancipés).

    Plus que des théories de la liberté, c’est de l’émancipation, cette action réalisatrice nous conduisant à l’état de la liberté, que nous souhaitons débattre avec vous ce jour. Et plus particulièrement des conditions en permettant la réalisation.

    Dans un premier temps, nous nous attacherons aux fondements de l’école républicaine, à son histoire depuis la révolution française, aux conflits qui l’ont traversé, et à sa destruction progressive sous la Vème république.

    Dans un second temps, nous nous interrogerons les opportunités offertes en terme d’émancipation par la généralisation de l’accès à l’information dans l’espace numérique et la multiplication des media, et nous questionnerons sur leur caractère réel ou déceptif.

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