Mondialisation et Solidarité sont-elles compatibles ou antinomiques?

Les deux notions sont étymologiquement différentes, si la première relève de l’ordre économique et politique, la deuxième relève du sentiment qui pousse les hommes à s’accorder une aide mutuelle.

D’ailleurs le terme mondialisation est une conception idéologique délimitant une espace géographique de la loi du marché, c’est le modèle économique néo-libéral appliqué à l’ensemble du globe c’est le transfert de personnes, d’informations, de biens et services, tandis que la solidarité est un problème de conscience vis à vis de l’autre.

Certains pensent que la mondialisation rassemble tous les hommes et toutes les femmes de toutes les classes sociales de tous les pays, mais la réalité est tout autre, elle construit paradoxalement un monde de plus en plus morcelé.

Dans le même temps la solidarité qui est à la base de toute société est passé d’un niveau international puis a décliné de plus en plus vers un niveau local.

Il existe bien une solidarité internationale au niveau des Etats, c’est une solidarité dite obligée, qui est mise en œuvre dans des circonstances déterminées.

La solidarité ne doit pas être confondue avec l’action l’humanitaire ou de la charité, elle suppose un échange plus ou moins équilibrée.

Malheureusement, tous les niveaux de solidarité sont interdépendants et que la mise en compétition de l’activité humaine aboutit à la destruction de la solidarité jusqu’à la plus petite solidarité qui est celle de la famille.

Se sont les valeurs du libéralisme économique, prônées la mondialisation qui induites les effets contraires à une solidarité active.

Mais le rapprochement des peuples par le biais des nouvelles technologies peut favoriser la prise de conscience qu’une autre mondialisation est possible.

Les effets de la mondialisation ou les obstacles à la solidarité active

Les effets négatifs de la mondialisation sont les valeurs et croyances du libéralisme économique  qui sont entre autres :

  • La concurrence comme valeur centrale, toute activité humaine de tous les pays doivent être en concurrence, pour sélectionner les meilleures ressources tant humaines que financier.
  • La déréglementation, après avoir dépouillé les états de leurs prérogatives financières et économiques de nouvelles règles sont mises en place au bénéfice de la concurrence.
  • La privatisation, l’Etat cède aux entreprises privées des activités qui relevant de la fourniture de biens et services minimums à la population.

Cette vision du monde conduit à l’exploitation sans restriction des ressources naturelles comme un revenu qui est définitivement dépensé, comme le faisait la colonisation qui était l’exploitation par les pays développés des richesses naturelles de pays moins développés.

Bien sur le coût de cette politique est supporté par l’externalisation c’est à dire par l’ensemble de la société qui paye les charges sociales, de santé, la réparation des dommages causées par l’activité déréglementée des entreprises privées, c’est l’impôt qui finance le système éducatif qui forme les futurs salariés qui pour une grande majorité utile les routes ou les transports publics.

Cette mondialisation est en passe de s’imposer, nos politiques ne cessent de nous répéter que la mondialisation est inévitable irréversible et nécessaire, ce qu’il oublie de préciser, c’est que ce système ne profitera pas à l’ensemble de la planète, mais à certains pays et à certains individus de ces pays.

Il est inutile de se poser la question de cette sélection, bien que nous somme qu’au début de ce mouvement, le premier effet constaté est la disparité évidente entre les nations riches et les autres, entre classes sociales, soit on est aisé, soit-on est pauvre et exclus.

Cette situation résulte d’un des effets pervers de la mondialisation qui transfert le peu de richesse du bas de la société vers le haut, ce qui est la conséquence directe de la rémunération du capitale au détriment du travail.

Si la mondialisation produit plus de biens et services cette production ne profite qu’à une petite partie de la population mondiale.

Le système néo-libéral de la mondialisation est pensé conçu et organisé pour profiter à la classe aisée de tous les pays, par conséquent l’intérêt des uns est en conflit direct avec l’intérêt des autres.

Ce qui dresse automatiquement des obstacles économiques et politiques à la pratique d’une solidarité active.

Mais, la mobilisation citoyenne qui grandie de jour en jour dans les pays du Sud et de l’Est démontre une véritable prise de conscience collective des enjeux de la mondialisation et la nécessité de réaffirmer nos valeurs universelles.

La solidarité ou prise de conscience des interactions mondiales

On doit considérer la mondialisation comme un processus inachevé, et lui attribuer de nouveaux ressorts et de nouvelles alliances favorables à un monde plus solidaire.

Elle peut être l’occasion de l’émergence d’une économie internationale de concurrence régulée et d’une citoyenneté qui plaide la lutte contre la pauvreté et de la satisfaction des besoins vitaux au cœur d’un développement écologique.

Si l’interdépendance de la mondialisation est un fait, l’interdépendance de la solidarité sera un choix de société à venir fondé sur les valeurs de dignité, de justice et de solidarité en leur sein et entre elles.

L’instauration d’un commerce équitable qui assure un revenu correct à des producteurs des pays du Sud pour qu’ils puissent développer leur production à long terme, en utilisant des pratiques respectueuses de l’environnement et une gestion démocratique de leur activité.

Mais l’efficacité du système passe par la suppression certaines des subventions agricoles et un plus grand accès des produits du Tiers monde aux marchés des pays nantis.

Ce commerce concerne aujourd’hui les produits alimentaires et artisanaux, mais pourrait s’appliquer aux produits industriels, c’est un premier pas vers un monde plus solidaire

La solidarité peut avoir plusieurs vecteurs, la coopération entre les Etats doit s’imposer comme un préalable dans toutes les relations. En effet, ce principe conduit à établir des partenariats équilibrés, en identifiant et en négociant les intérêts mutuels d’une collaboration, dont la réciprocité est l’élément déterminant.

La moralisation des relations économiques internationales doit faire l’objet d’instauration de clauses sociales et environnementales lors des grandes négociations.

Mais ce monde solidaire qui passe par développement économique et social peut se construire qu’avec des partenaires égaux. Certains Etats ne peuvent encore garantir une stabilité de l’environnement économique et institutionnel des citoyens.

La situation politique de certains fait qu’ils sont victimes de la mondialisation, leur espérance de bénéficier d’une coopération qui aboutira à une solidarité passe par une révolution institutionnelle

Une des conditions préalable à une stabilité institutionnelle est la reconnaissance d’une liberté absolue de conscience et la séparation entre la sphère publique et la sphère privée.

Seule la laïcisation qui est la mise en pratique des principes de la laïcité à l’intérieur d’une nation garantisse cette reconnaissance.

Plusieurs pays du Sud et de l’Est ont récemment entamés cette révolution institutionnelle par des mouvements de foule, notons que ce type de mouvement a été possible grâce à la circulation en temps réel de l’information.

En conclusion

La solidarité mondiale doit supplanter la mondialisation économique en énonçant toujours plus fort son attachement aux Droits de l’Homme, à la promotion de valeurs universelles et au renforcement de la démocratie.

La mondialisation sera solidaire ou pas, l’espace n’a pas changé, ce sont les liens qui se sont multipliés, ce monde relié par les nouvelles techniques de l’information peut être solidaire.
Le progrès économique et le progrès social doivent aller de pair, la solidarité est une lutte, déjà gagnée parce qu’on sera obligé de la faire.