L’évolution

Notre conscience, entraîne une question rémanente, légitime : d’où venons-nous ?

Chacun doit trouver une réponse pour assurer sa tranquillité.

La première solution qui est venue à l’esprit de l’Homme, c’est une entité supérieure (Dieux mythologiques, Créateur, G.A.D.L.U. ) qui correspond à un simple transfert des modalités des créations humaines.

Puis l’analyse scientifique avec son lot de découvertes a fait sa percée.

Paradoxalement, c’est un défenseur de cette thèse dite créationniste, LINNE, un suédois du début du XVIII ème siècle qui voulant faire l’inventaire des créations de Dieu a donné une des premières preuves les plus évidentes à ce que l’on appellera le Transformisme ou Evolutionnisme. Créateur de la Systématique, cette science, qui a l’ambition de classer et de nommer tout être vivant, LINNE, après avoir décrit, nommé et classé des centaines de milliers d’animaux et de végétaux a dû se rendre à l’évidence, sur la fin d’une longue et laborieuse vie, qu’il était bien difficile de séparer tous les individus dans des catégories différentes tant les passages de l’un à l’autre sont insensibles : « les espèces sont l’œuvre du temps ».

Pour vous convaincre de cela, arpentez donc la galerie d’un musée où l’on vous présente des coquillages ou des papillons, par exemple. C’est frappant, vous voyez toutes les formes passer insensiblement de l’une à l’autre. Si l’on pouvait rassembler tous les êtres vivants dans un musée, on pourrait observer un passage progressif de la Bactérie à l’Homme en passant par les formes vivantes contemporaines ou anciennes.

C’est l’ignorance, bien naturelle vu les millions d’êtres vivants différents, qui fait que l’Homme ordinaire, ne connaissant que quelques espèces bien typées ne puissent faire lui-même cette découverte : l’idée d’un transformisme, c’est à dire d’un passage progressif dans le temps d’une forme à l’autre. Notre horloge biologique ne nous aide guère, du reste, car elle évalue le temps en fonction du temps vécu (donc maximum 100 ans) or l’évolution depuis la Bactérie est de l’ordre de 3,8 Milliards d’années. Personne ne peut s’en faire une idée. C’est une des principales difficultés dans la compréhension de l’idée d’évolution. La Bible supposait à moins de 10.000 ans la création soit 400.000 fois moins environ.

D’ailleurs, c’est la difficulté, à mon sens essentielle, pour comprendre l’Evolution. La vie a été en fait d’une très grande stabilité si l’on considère que les molécules d’ADN se recopient depuis plus de trois milliards d’années. Les différentes Eres géologiques basées sur des modifications profondes des êtres qui y vivaient sont de l’ordre de la dizaine voire la centaine de millions d’années. A l’échelle humaine, rien n’est percevable : prenons l’exemple d’une montagne qui grandirait de 1 mm par an. L’observateur ne s’en apercevrait pas, elle ferait 10cm de plus pour ses 100 ans ! Or cette montagne atteindrait les 10.000 m de hauteur si on la voyait 10.000.000 d’années après.
La Géologie et surtout la Paléontologie sont les disciplines qui ont apporté les meilleurs arguments en faveur de l’Evolution..

Les fossiles, qui sont les traces d’activités ou les restes des êtres vivants, sont la preuve irréfutable de l’ancienneté de la vie, de sa diversité et surtout de la complexification des structures vivante au fil des temps. Les fossiles les plus anciens, c’est à dire ceux que l’on trouve dans les couches les plus profondes ont des structures plus simples et par exemple, en ce qui concerne les Vertébrés, les poissons sont apparus avant les amphibiens qui sont apparus avant les reptiles et les oiseaux et enfin en tout dernier les Mammifères.

Là encore, il ne faut pas simplifier. Les conclusions portent sur des millions de spécimens et non pas sur quelques pièces.

Les paléontologistes ont trouvé ces fossiles dans le monde entier. Cela leur a permis de faire des rapprochements entre l’Afrique et l’Amérique du Sud, qui constituaient un même continent, théorie de WAGENER reprise par la théorie des plaques plus récente. Il n’y a pas que les vivants qui évoluent. D’ailleurs, ne sommes nous pas là, pour faire évoluer l’Humanité !

La Paléontologie a été grandement aidée par CUVIER qui mit en place l’anatomie comparée, science d’observations qui permet d’établir des corrélations entre les différentes parties des squelettes, montrant par là qu’il existait des plans d’organisation et donc sous-tendait que les diverses formes vivantes ne faisait que poursuivre un développement.

CUVIER a longtemps chercher ces fossiles dits « chaînons manquants » entre les divers groupes : Ichtyostega  poisson à l’origine des 5 classes des Vertébrés. Eryops entre Poisson et Amphibien, Seymouria entre Poisson et Reptile, Archeopteryx entre Reptile et Oiseau, Diarthrognathus entre Reptile et Mammifère. La génétique des Populations nous explique pourquoi il n’était pas si évident que cela de trouver des intermédiaires.

L’étude des embryons ne permit pas de confirmer l’hypothèse de travail de HAECKEL qui pensait observer le développement historiquement des espèces  en voyant se développer leur embryon. Néanmoins cette loi, « l’Ontogenèse récapitule la Phylogenèse » est observable dans ses grandes lignes.
La Parasitologie met en évidence que des formes éloignées actuellement ont des parasites communs (Singe et Homme). L’interprétation, la plus facile, n’est-elle pas d’admettre que ces formes aient eu des ancêtres communs ?

Il existe d’autres preuves de l’Evolution, mais celles-ci sont un peu plus techniques :

  • MILLER en 1953 montra que l’on pouvait obtenir quelques acides aminés, qui représentent les « briques » de la vie car elles sont les unités des protéines, en partant d’éléments minéraux tels que l’eau, l’oxyde et le dioxyde de Carbone, le méthane soumis à des conditions physiques qui auraient pu être celles de la Terre à son début de refroidissement.
  • Les analyses biochimiques de certaines molécules complexes (protéines, ADN, Cytochromes, Hormones, Enzymes …) permettent d’établir des filiations entre les groupes : entre l’Oursin et les Vertébrés par exemple.
  • Les tests de sérum sanguin ont permis d’établir aussi des filiations en comparant les antigènes de diverses espèces.
  • La Génétique, science de l’Hérédité a montré l’universalité du code génétique basé sur la molécule d’ADN. On peut suivre l’évolution soit des molécules soit des chromosomes à travers les espèces.
  • L’Astrophysique, avec la théorie du Big-bang admet que l’univers a lui-aussi évolué selon un processus logique , et démontré par une foule d’observations.

L’ensemble des scientifiques est convaincu de la validité de la Théorie de l’Evolution, qui reste certes une théorie, mais qui n’a jamais été encore infirmée. Un site Internet « le Mythe des origines » écrit par des musulmans fondamentalistes ne tient pas à l’analyse. C’est une simplification outrancière, avec des confusions grossières. Néanmoins, ce site est attrayant, bien présenté et il pourrait induire en erreur des personnes un peu naïves. ATTENTION ; surtout que face à eux, il n’y a rien ! Heureusement le site du CNRS vient compenser ! Mai il faut être vigilant d’autres sites prolifèrent avec des pensées créationnisme extrême.

Si la théorie créationniste n’a plus que des « fondamentalistes » comme défenseurs, quand on aborde les explications de l’Evolution par des théories, l’affaire se complique, car il existe un handicap majeur à l’approche scientifique, c’est l’absence quasi-complète de l’expérimentation. En effet, le Temps, est irrémédiablement irréversible et les durées pendant lesquelles on pourrait observer une évolution soit infiniment trop longues. D’où la multitude de théorie. Il me sera impossible d’entrer dans les détails, tellement la complexité est grande. Je vais me borner à vous fournir quelques lignes de réflexion.

Jean Baptiste, Pierre Antoine de MONET, Chevalier de LAMARCK (1744-1829) a été le premier à s’appuyer sur des exemples concrets pour démontrer le fait transformiste, c’est à dire que l’observation attentive de diverses formes vivantes montre que ces formes dérivent l’une de l’autre, qu’il y a une continuité. Ses travaux d’observateurs sont reconnus et non contestés. LAMARCK a voulu aller plus loin et a proposé deux lois de l’Evolution. La 1ère est celle dite de l’usage et du non-usage, que je nommais, pour mes élèves, la loi du « body-building », c’est à dire que les habitudes influencent la constitution : l’usage développe et le non-usage atrophie. Facile à comprendre et à admettre. La 2ème loi, admise par tous avant l’apparition de la génétique de MENDEL, se résume simplement par la croyance en ce que caractères acquis étaient héréditaires ; Ce qui actuellement n’est plus admis pour la transmission des caractères par les facteurs héréditaires dits mendéliens. C’est ainsi qu’il avait interprété l’allongement du cou de la girafe à l’élévation de la tête des ancêtres pour atteindre les plus hautes branches porteuses de nourriture. Seules les plus grandes avaient pu survivre.

Charles DARWIN (1809-1882) beaucoup plus tard apporta une lourde pierre.

Travailleur inlassable, il rassembla une quantité considérable d’arguments chez les éleveurs des Pigeon-Club de Londres, au cours de son voyage de 5ans autour du Monde sur le Beagle et par la collaboration avec ses correspondants à l’étranger avant de publier son ouvrage fondamental : l’Origines des espèces.

Sa théorie est complexe, souvent mal comprise car trop simplifiée. Elle s’organise sur un point central, objet du sous-titre : « La sélection naturelle sexuelle sur une reproduction différentielle basée sur la variabilité des individus ».

DARWIN a observé que les éleveurs de Pigeons pouvaient modifier en quelques années l’aspect des Pigeons en les croisant judicieusement (c’est la base de la sélection, connue depuis le début de l’élevage !) En tenant compte des légères différences que les individus ont entre eux. Les thèses de MALTHUS de lutte pour la vie lui fournirent l’agent de sélection naturel. L’étude des diverses formes de Pinsons dans les îles Galápagos confirme cette idée puisque dans ces îles les Pinsons sont très différents de ceux existant en Europe car ils ont des becs leur permettant de se nourrir comme se nourrissent d’autres oiseaux dans nos contrées.

Pour DARWIN donc :

  • il réaffirme le fait transformiste dont parlait LAMARCK
  • il observe que les individus d’une même espèce ont des caractères légèrement différents les uns des autres
  • les ressources croissent moins que les populations d’où pénurie et lutte pour la vie
  • point capital pour DARWIN : seuls les plus aptes auront la possibilité de se reproduire, c’est une sélection sexuelle.

Ainsi, DARWIN en reprenant l’exemple de la Girafe : dans une population cohabitent des girafes ayant des cous de différentes tailles. Seules les Girafes au cou le plus long pourront se reproduire. C’est une hypothèse fort acceptable qui peut être admise encore dans son principe.

Après DARWIN, les Mutations, qui sont des modifications brutales des caractères héréditaires, passèrent un temps pour un moteur de l’Evolution, mais très vite elles furent remises à leur place.

L’approche mathématique et statistique dans l’étude des fossiles, les progrès de la génétique, de l’écologie et de l’éthologie consacrèrent une théorie à base darwinienne dite théorie synthétique de l’Evolution.

Conclusion : La théorie de l’Evolution est à la base de toutes les sciences de la vie et de la nature. Cette hypothèse a été très riche en découvertes et en avancées de toutes sortes. Ne serait-ce que pour cela, la théorie de l’Evolution aurait rempli sa mission et mériterait sa place parmi les grandes idées de l’Homme.
« Contingence et contrainte » ont remplacé « hasard et nécessité », le concept de l’Evolution lui-aussi évolue, chaque chercheur amène sa pierre. C’est un grand édifice, solide maintenant.

Nous nous plaçons bien franchement dans son optique. Nous travaillons à l’amélioration de l’Humanité.